Revenus des médecins : généralistes en recul, spécialistes en progression

Paris, le jeudi 4 juillet 2019 – Selon les données publiées par l’Union nationale des associations de gestion agréées (UNSA), les revenus des médecins généralistes libéraux ont connu un léger recul en 2018 par rapport à l’année précédente. Atteignant 87 775 euros en moyenne, les revenus imposables des omnipraticiens ont ainsi enregistré une diminution de 0,9 %. Cette situation s’explique notamment par des rémunérations forfaitaires en baisse en 2018, qui n’ont pas dépassé les 6 000 euros en moyenne contre 7 000 l’année précédente. A cet égard, la situation pour 2019 devrait être légèrement améliorée, puisque la ROSP et le forfait structure ont connu une progression significative cette année.

Embellie importante pour les spécialistes

Le sort des médecins spécialistes diffère de celui de leurs confrères généralistes, puisqu’on observe une augmentation globale de leurs revenus. Elle a été très marquée pour une dizaine de disciplines (sur une vingtaine retenues par le classement de l’UNSA) atteignant plus de 3 %.

L’embellie a été plus avantageuse encore pour la neurologie (+14,4 % avec des revenus de 101 442 en moyenne), la chirurgie générale (+10,8 % à 150 122 euros) et l’urologie (+10,5 %). Seuls les rhumatologues (-4,4 % et des revenus de 75 664 euros en moyenne) et les stomatologues (-0,9 % à 107 404 euros) ne bénéficient pas de cette tendance positive générale. La revalorisation de certains actes a sans doute contribué à cette évolution globale.

Revenus insuffisants

Élevés par rapport au reste de la population et même fréquemment par rapport aux personnes comptant un nombre d’années d’études similaire, ces revenus ne satisferaient cependant pas parfaitement les praticiens si l’on en croit les résultats d’une enquête récemment réalisée par le groupe Medscape auprès des médecins français. Quelques 900 praticiens français (libéraux et hospitaliers) ont été interrogés en ligne sur leur pouvoir d’achat. Les revenus déclarés par les répondeurs généralistes étaient légèrement plus élevés que ceux signalés par l’UNSA (96 000 euros). Cependant, les répondeurs de l’enquête (toutes spécialités et mode d’exercice confondus) sont 74 % à juger leur rémunération « insuffisante » compte tenu de « leur responsabilité, de leur charge de travail et de leurs études difficiles » relève Medscape.

Quel avenir ?

Les nouveaux dispositifs que souhaitent déployer le gouvernement, tels l’aide à l’embauche d’assistants médicaux et l’attribution de forfaits à des communautés professionnelles territoriales de santé permettront-ils d’améliorer les rémunérations et les perceptions des médecins ? Les revendications des praticiens hospitaliers en matière salariale seront-elles entendues ? Pour l’heure, rien n’est moins sûr.

Aurélie Haroche

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Vos réactions (1)

  • Simple question

    Le 05 juillet 2019

    Pourquoi les données de la CARMF ne sont pas utilisées ?

    JD

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