Covid-19 : et voilà la huitième vague !

Paris, le mardi 20 septembre 2022 – Le nombre de contaminations par SARS-CoV2 repart légèrement à la hausse ces derniers jours, laissant présager une huitième vague de Covid.

Tout le monde ou presque l’avait annoncée parmi les responsables sanitaires et la voilà qui semble arriver. Après huit semaines de décrue de l’épidémie de Covid-19, une huitième vague semble sur le point de s’amorcer. Le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes est passé de 16 100 le 6 septembre à 28 400 ce lundi. La hausse peut paraitre faible, surtout comparé aux chiffres observés durant la septième vague de juillet (130 000 cas par jour), mais il ne faut pas oublier que le dépistage est bien moins intense qu’auparavant (140 000 tests par jour actuellement contre 420 000 début juillet). La hausse du taux de positivité semble donc être un indicateur plus pertinent et elle n’est pas négligeable : 18,3 % des tests Covid-19 sont positifs, contre 15,3 % il y a deux semaines.

« Il est trop tôt pour dire que c’est déjà le début de la huitième vague mais les indicateurs sont à la hausse » a résumé ce lundi le ministre de la Santé François Braun, qui a indiqué que la France était « en vigilance armée par rapport à cette nouvelle vague qui, nous disent les scientifiques, va arriver ». La hausse des contaminations n’a pour l’instant qu’un faible impact à l’hôpital, avec une légère hausse des nouvelles hospitalisations. Le nombre de décès quotidiens reste faible (environ 30 par jour). La Covid-19 n’a ainsi tué « que » 14 000 personnes ces 6 derniers mois (à comparer avec les 29 000 décès de la première vague).

Une huitième vague favorisée par la rentrée scolaire

Cette reprise épidémique qui s’amorce semble être le fruit de deux phénomènes. Tout d’abord, un certain déclin de l’immunité de la population, qui a n’a parfois pas été vaccinée ou contaminée depuis plusieurs mois. L’arrivée du variant Omicron en décembre dernier a par ailleurs favorisé le phénomène des réinfections, qui concernaient 18 % des nouveaux cas début août. Ensuite, la rentrée scolaire et la diminution des températures, qui favorisent le brassage de population en milieux clos. La hausse du taux d’incidence est d’ailleurs particulièrement marquée chez les moins de 20 ans.

Les mesures coercitives ayant été abandonnées (semble-t-il définitivement), la réponse des autorités à cette nouvelle vague se concentrera essentiellement sur la vaccination. Seulement 29 % des 65-74 ans et 35 % des plus de 75 ans ont reçu une deuxième dose de rappel (ou quatrième dose), une couverture vaccinale trop faible selon les experts et on ne compte que 20 000 injections par jour. Les autorités espèrent que l’arrivée des nouveaux vaccins bivalents, spécialement dirigés contre les sous-variants d’Omicron, permettra de relancer la campagne vaccinale. Pour le moment, cette reprise épidémique est le fruit du variant Omicron BA5, majoritaire en France depuis le début de l’été. Mais les autorités surveillent un autre sous-lignage, appelé BA46, devenu majoritaire aux Etats-Unis mais qui ne représente pour le moment que 2 % des contaminations en France.

Biden et Ghebreyesus rejoignent les rangs des « rassuristes »

Comme souvent, cette nouvelle vague qui arrive est l’occasion d’opposer « alarmistes » et « rassuristes ». Gilles Pialoux, infectiologue à l’hôpital Tenon, s’inquiète ainsi de la capacité de l’hôpital à résister à cette nouvelle vague qui va se coupler à une épidémie de grippe saisonnière, tandis que l’épidémiologiste Antoine Flahault dénonce le décalage entre « l’intensité et la violence » de l’épidémie et « l’opinion publique portée par les politiques et les médias qui ne perçoivent plus la gravité de la situation avec la même acuité ». De l’autre côté, l’épidémiologiste Mircea Sofonoea estime qu’ « il n’y a pas de signal inquiétant pour la suite des évènements, il ne devrait pas y avoir de saturation hospitalière ».

Le « rassurisme » semble gagner la planète entière. Mercredi dernier, le directeur général de l’OMS, le Dr Thedros Ghebreyesus, a déclaré que la fin de la pandémie était « à portée de main », alors que le nombre de décès quotidiens de la Covid-19 n’a jamais été aussi faible dans le monde (environ 1 300). Quand au président des Etats-Unis Joe Biden, il a tout simplement déclaré ce dimanche que « la pandémie est terminée ».

Nicolas Barbet

Copyright © http://www.jim.fr

Réagir

Vos réactions (8)

  • Pandemic is over

    Le 23 septembre 2022

    Qui peut encore croire à ce narratif de la huitième vague ? Qui peut encore croire que les vaccins ont changé l’évolution de cette "pandémie" ? Cette "pandémie" a été définie sur des critères essentiellement politique. Quand est-ce que la pandémie est terminée ? Quand est-ce que l’on passe en phase endémique ? Ces décisions sont politiques et non sanitaires, ou alors sur quels critères ? Les réanimations sont vides, les hospitalisations tout à fait minimes, on regarde simplement des taux d’incidence avec un test inadapté qui n’ont absolument aucun lien avec la réalité puisqu’il suffit de comparer en parallèle les évaluations sentinelles. Qui peut encore croire aux mesures sanitaires qui ont été prises (passe sanitaire et vaccinal, masque, distanciation sociale...). Seules, deux mesures sanitaires ont été scientifiquement démontrées, l’isolement des malades (pas des cas) et l’aération des salles (renouvellement de l’air). Tout le reste n’est pas scientifiquement démontré, confère la Suède où ils n'ont appliqué aucune mesure, et ils ont des résultats meilleurs qu’en France. À un moment il faut arriver à connecter deux neurones et essayer de prendre un peu de recul et se demander mais "qu’est-ce qu’on a fait" ?
    PS : Biden vient de dire que la pandémie est terminée et on vient nous parler de huitième vague, stop !

    Dr V Bentolila

  • Pandémic is over : Oui mais

    Le 24 septembre 2022

    Oui, le narratif entourant la Nième vague est bêtement anxiogène. Un paramètre unique : l'impact sur la logistique sanitaire. Oui, il est stupide de plaquer les acquis historiques en climat "Wuhan" au climat actuel BA.4-5. Oui, une anxiété chasse les autres. Pas utile de regarnir un mille feuilles déjà bien indigeste : fins de moi(s), énergie, guerre, nucléaire, éco-stress. Carpe diem ? Sans universalisme de bon ton, 1/3 du Pakistan est sous l'eau.
    Par contre : "Qui peut encore croire que les vaccins ont changé l’évolution de cette "pandémie"" : les vaccinés de plus de 60 ans et/ou ceux porteurs de co-morbidité(s), pour leur évolution personnelle. Pas les autres. La tragédie des territoires ultramarins le rappelle.
    "Cette "pandémie" a été définie sur des critères essentiellement politique" : à documenter.
    Les déclarations de Mr Biden sont à prendre avec autant de considération que celles de son prédécesseur, celles de Pierre ou Paul. Mais je reconnais que l'idée y est : over.

    Dr JP Bonnet

  • Succès, @Dr V Bentolila

    Le 25 septembre 2022

    Quand 80,9 % de la population est vaccinée par au moins 1 dose, quand 79,6 % de la population a reçu toutes les doses requises et quand 55,5 % des français a reçu 1 dose supplémentaire, quand on a vu en parallèle la baisse des contaminations et surtout la baisse des cas graves et des entrées en réanimation, alors oui on peut parler du succès de la vaccination.
    Quand on sait que cette vaccination n'assure qu'une protection de courte durée, d'autant plus avec les variants Omicron, alors oui il faut sans aucun doute faire sans tarder les nouveaux vaccins bivalents, au moins aux seniors et aux personnes les plus fragiles, voire à l'ensemble de notre population, comme il faut se vacciner contre la grippe.
    Sans doute que l'analyse a posteriori montrera que les mesures prises en France étaient superfétatoires par rapport à une attitude moins restrictive, comme celle choisie par les autorités suédoises (sous réserve de pouvoir comparer ces 2 pays bien différents en termes de populations et de capacités hospitalières). C'est surtout en termes d'impact sur le PIB que les choses sont palpables, avec de moindres conséquences économiques en Suède.
    Par contre cet argument n'a rien à voir avec un rejet de la vaccination. Les Suédois se sont vaccinés largement et bien plus tôt que les Français, avec des chiffres équivalents aux nôtres des 2021. 92 % des Suédois de plus de 60 ans avaient reçu au moins 2 doses.

    Dr D Boutry

  • Preuves ?

    Le 25 septembre 2022

    Des preuves scientifiques directes et indiscutable d'un effet majeur sur l'épidémie de quelque chose ? Tout au plus des corrélations. Une autre forte corrélations : les états dirigés par des populistes sont recordmans du taux de décès : Hongrie > Brésil > USA > UK.
    Attendons de voir si la Suède, qui fait un peu mieux que nous, arrive à rejoindre le peloton de tête.

    Dr J-R Werther

  • Evolution épidémique, @Dr Boutry et @ Dr Bonnet

    Le 26 septembre 2022

    Le tsunami omicron est arrivé en France sur une population non naïve et vaccinée à 80 %. Et vous me dites que la vaccination a permis une baisse des contaminations, je ne comprends pas très bien le raisonnement ? Ensuite, en période omicron les patients hospitalisés en réanimation et les décès Covid étaient vaccinés à hauteur de 80 %. Et vous me dites que la vaccination est efficace sur les formes graves ? Je ne comprends pas très bien le raisonnement ? Enfin dans aucun pays, la vaccination n'a cassé une courbe d’évolution épidémique. Les différentes vagues (aujourd'hui on devrait dire COVID 22) ont évolué de manière naturelle avec leur courbe en cloche habituelle, aucune cassure n’a été observée après vaccination (on a même plutôt observé des pics post vaccination, les fameux 15 j qui suivent mais ça ne compte pas).
    Enfin, Pi n’est pas venu remplacer omicron depuis plus de huit mois maintenant. Il est très probable qu’on entre en phase endémique, quand est-ce que les politiques le valideront ? Petite question vraiment honnête au docteur Bonnet. Quelles sont les critères scientifiques et médicaux qui définissent cette pandémie. Et donc corollaire à partir de quand sortons-nous de la pandémie et sur quels critères ?

    Dr V Bentolila

  • Il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre

    Le 27 septembre 2022

    En effet la vaccination est efficace et recommandable, même si ce n'est pas la seule arme contre la Covid. Bien que l'infection à elle seule procure une certaine protection, très faible avec Omicron, la vaccination après l'infection renforce la réponse immunitaire et peut offrir une protection supérieure et plus durable. Pour une meilleure protection contre la Covid-19, il est important de suivre le calendrier de vaccination recommandé, c'est à dire une série primaire, soit avec le vaccin Janssen (Johnson & Johnson) à dose unique, soit constituée de 2 doses de toute combinaison des vaccins Comirnaty de Pfizer-BioNTech ou Spikevax de Moderna ou Vaxzevria d'AstraZeneca, administrées avec un intervalle de 8 semaines entre la première et la deuxième dose. Une dose de rappel donnée après une série primaire de vaccins à ARNm permet d'offrir une meilleure protection contre l'infection à Omicron et les maladies graves que la série primaire seulement.
    Ne pas recommander la vaccination est critiquable car c'est agir en contradiction avec l'avis de nos instances scientifiques. A quoi servent en effet nos instances si ce n'est à nous aider à voir clair quand une situation médicale nous échappe et à pouvoir s'appuyer sur des références admises par notre communauté scientifique au niveau mondial.
    Enfin il suffit de regarder les courbes pour le comprendre, sauf bien sûr à les regarder par le petit bout de la lorgnette. Lire aussi les publications scientifiques est utile.

    Dr D Boutry

  • Devoir de réponse

    Le 27 septembre 2022

    J’ai la sale habitude de répondre lorsque l’on m’interroge et d’être nuancé.
    1- Vaccination et évolution pandémique :
    • A aucun moment je n’ai indiqué que la vaccination avait influencé en quoi que ce soit (à la hausse ou à la baisse) la dynamique de transmission virale et l’évolution de la « pandémie ».
    • L’étude de cette dynamique est un puits sans fond. Le paramètre nombre de tests positifs est une bêtise bien ancrée tant qu’il n’est pas rapporté aux nombres de tests faits. Scolaire.
    • Mortalité et logistique sanitaire étaient et restent deux paramètres crédibles : au vert.
    • Je rappelais le bénéfice vaccinal pour « les vaccinés de plus de 60 ans et/ou ceux porteurs de co-morbidité(s), pour leur évolution personnelle. Pas les autres. » : personnelle et pas les autres Dr Bentolila. La nuance a du bon.
    • Nier ce point, sans argumenter d’ailleurs, est une sottise qui décrédibilise un propos maintenant bien huilé manquant de nuance.
    • Notre incapacité planétaire à évaluer une « simple » mortalité, les « avec » et « par » Covid est un appel à la prudence dans les assertions : QS nos EHPAD, l’Inde* et bien d’autres.
    *Jha P et coll. COVID mortality in India: National survey data and health facility deaths. Science. 2022 Jan 6:eabm5154. doi: 10.1126/science.abm5154
    • Nous indiquer que « en période omicron les patients hospitalisés en réanimation et les décès Covid étaient vaccinés à hauteur de 80 % » est une démonstration par l’hypothèse. Ne pas référencer ce que l’on affirme est reposant.
    • Reste à indiquer que quand N % d’une population est vaccinée, il est compréhensible que N % des entrées soient vaccinées ou que 1 % de soucis pour mille contaminés n’a pas le même impact que 0,5 % pour… 1 million. Scolaire encore.
    2 - L’arrivée d’Omicron puis des sous variants « B.A quelque chose » est un tournant qui autorise à passer de la notion de « pandémie » à celle d’« épidémie ». En accord avec Mr Biden
    • L’autocitation ne posant plus problème, j’évoquais ce tournant rassurant en parlant de SARS-CoV-3 dès le 30/11/2021*
    *JIM 28/11/2021 : « Deux ou trois choses que l’on sait d’omicron »
    • La moindre mortalité intrinsèque (virulence) sera impossible à distinguer des facteurs confondants : Vaccination(s) & Primo – réinfections. Une affinité bronchique plus que pulmonaire a été établie rapidement (Hong-Kong), les PIMS ont « disparus », l’anosmie aussi. Transposer en climat omicron des IRM cérébrales colligées en climat Wuhan ou alfa est une anticipation douteuse.
    • Il est rassurant d’indiquer que l’histoire naturelle s’effectue « toujours » vers des virulences moindres : pédagogique… mais ce point reste régulièrement discuté.
    3- Je n’ai pas de définition personnelle de « pandémie » ou « épidémie » : je m’en tiens bêtement à celle de l’OMS, comme pour les PIMS, les hépatites pédiatriques « adéno-covid » etc
    • Tout au plus peut-on constater qu’elle a donné lieu partout dans le monde à quelques difficultés logistiques et éthiques, une certaine mortalité, des séquelles. Une crise sanitaire, sociale, économique et morale difficile à nier, probablement transgénérationnelle. Elle a aussi créé beaucoup d’opportunités ou opportunismes
    • Chacun pourra y aller de son interprétation de ce qui revient au(x) virus versus aux mesures prises alors. L’œuf versus la poule.
    • Nous indiquer que « Cette "pandémie" a été définie sur des critères essentiellement politique » me laisse sur ma faim, avec un arrière-goût idéologique déjà vu, lu, entendu.
    Comment ne pas partager ce que rappelle le Dr D Boutry : « Lire aussi les publications scientifiques est utile. » ? Exact et il en restera ainsi.

    Dr JP Bonnet

  • Faut-il changer quelque chose ?

    Le 02 octobre 2022

    Il n'y a pas de raison qu'il n'y ait pas de pas de huitième vague. La question est de savoir si elle sera problématique ou non, si elle demandera un réponse active. Au vu des dernières vagues, la sévérité va décroissant (quelles qu'en soient les causes) et l'optimisme est permis.

    Dr Y Daoust

Réagir à cet article

Les réactions sont réservées aux professionnels de santé inscrits et identifiés sur le site.
Elles ne seront publiées sur le site qu’après modération par la rédaction (avec un délai de quelques heures à 48 heures). Sauf exception, les réactions sont publiées avec la signature de leur auteur.


Lorsque cela est nécessaire et possible, les réactions doivent être référencées (notamment si les données ou les affirmations présentées ne proviennent pas de l’expérience de l’auteur).

JIM se réserve le droit de ne pas mettre en ligne une réaction, en particulier si il juge qu’elle présente un caractère injurieux, diffamatoire ou discriminatoire ou qu’elle peut porter atteinte à l’image du site.