Fera-t-elle un effet bœuf ?

Paris, le samedi 21 mai 2022 - La mine impassible, comme il sied à un secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kholer a dévoilé, hier, les happy fews qui constitueront le gouvernement.

Tous les plumitifs que compte la presse médicale n’attendaient qu’un nom : celui du ministre de la Santé.

En milieu de liste, fin du suspense : Brigitte Bourguignon était officiellement nommée ministre de la Santé.

Ce n’est pas à proprement parler une surprise. Petit satisfecit, le JIM, au lendemain de la réélection d’Emmanuel Macron voyait en elle la favorite pour l’avenue de Ségur.

Une ministre qui fait peu de bruit ?

Un fait notable, alors que le JIM a cité Olivier Véran dans 628 articles (!) pendant les deux ans de sa période ministérielle, nos rédacteurs n’auront écrit le nom de Brigitte Bourguignon que dans 22 papiers (numériques) durant les 22 mois où elle fût ministre déléguée à l’autonomie et donc des EHPAD, sujet qui intéresse pourtant notre rédaction au premier chef.
Il faut dire à sa décharge que dès l’entrée au gouvernement de l’ancienne présidente de la commission des affaires sociales (de 2017 à 2020), le périmètre exact de son portefeuille demeurait flou alors que Sophie Cluzel était déjà en charge (et avec un certain brio) du dossier du handicap. Il semble aussi qu’elle ne soit pas parvenue à exercer pleinement son rôle, peut-être quelque peu étouffée par l’hyper-médiatique Olivier Véran.

Deux ans de ministère…pour rien ?

Reste, qu’on aura peu entendu cette ministre, y compris pendant la crise Covid et le « scandale Orpéa ». Elle avait même été accusée d’opacité dans cette dernière affaire. Elle avait en effet pris sur elle de ne pas publier le rapport établi conjointement par l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale des finances (IGF) sur les agissements du groupe Orpea et avait été suspectée d’une certaine complaisance envers les prestataires privés du secteur de la dépendance. La ministre déléguée avait justifié cette non publication par le « secret des affaires »…avant de faire volte-face sous la pression de l’opinion publique.

Pire, ses deux ans en fonction auront été surtout marqués par un renoncement : l’abandon en rase campagne, fin 2021, de la réforme du grand âge qui devait pourtant être un temps fort du quinquennat. Certains observateurs avaient même pointé le cynisme d’une tribune qu’elle avait cosigné au même moment dans le journal Le Monde dans laquelle elle exhortait à la solidarité intergénérationnelle. 

Alors à la Commission des affaires sociales, elle avait déjà été, en 2019, accusée de « trahison » par des associations d’aide aux enfants placés, alors qu’elle avait déposé un amendement visant à limiter la protection pour les jeunes majeurs de l’ASE (Aide sociale à l’enfance).  Elle avait ainsi inscrit dans la loi un délai de placement minimal pour bénéficier d'une aide à la majorité.  

Le pire moment pour devenir ministre de la santé ?

Bruyante ou non, proactive ou non, la ministre Bourguignon arrive dans une période particulièrement compliquée pour un ministre de la Santé. Bien sûr il y a la Covid qui n’en finit pas de finir, ces étranges cas de variole du singe dans la communauté homosexuelle, mais il y a surtout la crise profonde que traverse l’hôpital et qui pourrait se traduire, dés cet été, par de nouveaux soubresauts .

Si Brigitte Bourguignon a pour elle l’expérience et le positionnement politique pour défendre un hypothétique tiers payant généralisé (qui n’était peut-être qu’une promesse de campagne…), on ne saurait dire, au vu de ces « états de service » si elle aura les « épaules » pour porter une réforme de l’hôpital, redensifier les déserts médicaux, faire face aux crises de santé publique.

Sans compter qu’elle sera attendue au tournant par les libéraux alors que doivent s’ouvrir dans les mois à venir des nouvelles négociations avec les médecins de ville.

Gageons qu’Olivier Véran regardera tout ça d’un œil attentif…

Félicitations et bon courage, madame la ministre !

F.H.

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Vos réactions (1)

  • Désinvolte

    Le 24 mai 2022

    Vulgarité du titre.
    Contenu de l’ordre du procès d’intentions.
    Le JIM n’est pas obligé d’essayer de faire le buzz en permanence.

    Dr P Eck

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