Les gynécologues s’insurgent contre le portrait qu'on dresse d'eux

Paris, le lundi 9 octobre 2017 - Ces derniers mois, de nombreux témoignages ont livré une vision pour le moins peu flatteuse de la prise en charge délivrée par les gynécologues, dénonçant un manque de disponibilité, des prescriptions trop systématiques et une absence de bienveillance. Comme les obstétriciens il y a quelques mois, les gynécologues souhaitent apporter des nuances importantes à ce portrait. La Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale (FNCGM) vient ainsi de publier un communiqué qui dénonce fortement : « Un certain nombre de contre-vérités diffusées altèrent la confiance et le bien-être de nos patientes, ce que nous déplorons ». Ainsi elle dénie que des examens soient systématiquement réalisés pour toute demande de contraception, elle réfute que les stérilets soient posés « de façon sauvage », elle s’inscrit en faux contre l’idée que le choix de la contraception ne serait pas laissé aux patientes. Les gynécologues s’insurgent encore contre les témoignages suggérant que les suivis de grossesse seraient « bâclés » pour les femmes sans complications. Enfin, faisant écho aux controverses autour de la pilule contraceptive, la FNCGM réplique : « Non, nous ne rendons pas les femmes stériles, non nous ne donnons pas le cancer et non nous n’inondons pas la planète de perturbateurs endocriniens », avant de conclure, sans considération sur le manque d’effectif ou sur l’existence éventuelle d’exceptions, afin de mettre un terme à toutes les tentatives de généralisation de cas très particuliers : «  Nous exerçons notre métier avec passion pour le bienêtre physique et moral des femmes ».

M.P.

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Vos réactions (3)

  • Alerte: les gynecos et obstétriciens vont dispaître

    Le 09 octobre 2017

    Nouvelle alerte lancée par un livre féministe (intégriste?)
    Encore une fois le traitement de l'alerte par les médias d'abord puis bientôt par la justice risque de faire des ravages.

    Si des actes médicaux sont vécus comme brutaux ou agressifs c'est soit parce qu’ils le sont, oui, mais aussi parce que la bienveillance devient de l'indifférence avec la routine et la fatigue ou du moins sont vécus comme tels. Le phantasme du gynéco pervers des pornos et peut-être aussi de la toute puissance médicale sont des facteurs de malaise et puis parler de poux fait se gratter!
    En 40 ans de pratique j'ai subi une seule plainte (l'an dernier) pour avoir reproché à une femme de continuer à fumer et d'avoir arrêté le traitement de son cancer du sein non sans lui avoir fait subir un examen complet (dans un centre d'examen de santé!).
    Alors futurs confrères bon courage!

    Dr Robert Chevalot

  • Violences et violences...

    Le 10 octobre 2017

    Gynécologue obstétricien hospitalier retraité, j'ai été vraiment très peiné et révolté par les articles sur les "violences obstétricales" concept relancé par notre très approximative et vindicative secrétaire d’État des droits de la femme, Marlène Schiappa, au mois de juillet.

    Je n'avais pas du tout l'impression d'avoir mérité çà ! Des journalistes en ont ensuite rajouté une bonne couche. Le Monde a lancé un "appel à témoin" : Si vous avez mal vécu votre accouchement, témoignez". S'en est suivi un article :
    http://www.lemonde.fr/acces-restreint/sante/article/2017/08/30/30d62856c5d9e338840b80a3decd057c_5178270_1651302.htm

    La plupart de ces journalistes glosent sur la gynécologie et l'obstétrique sans rien connaître à ces disciplines ni aux contraintes lourdes qui pèsent sur les praticiens. De plus ils ignorent manifestement ce qu'est un biais de recrutement. Avec la demande du Monde vue plus haut, on ne peut obtenir que des témoignages de mécontentement, pas des récits de femmes, de couples satisfaits par leur expérience. Et d'une manière générale la récrimination revendicatrice est un mal du siècle. Les râleurs témoignent considérablement plus que les heureux de leur sort. Beaucoup de journalistes font leur beurre de ce qui ne va pas, augmentant d'autant la préoccupante morosité ambiante. C'est une forme de propagande, de propagande maléfique, une nouvelle méthode Coué : "rien ne va plus bien dans notre monde".

    Certes il y a quelquefois des problèmes, de rares médecins un peu sadiques ou bien handicapés du côté des capacités relationnelles. Mais je n'en connais vraiment aucun parmi mes relations professionnelles et je ne crois pas qu'il y en ait beaucoup. Et si un médecin ne convient pas, en France on peut en changer (sauf si on est en train d'accoucher, évidemment).

    Il serait bien temps de se préoccuper des violences journalistiques, de les dénoncer. Temps aussi pour nous de relever la tête en attendant que, comme le dit mon confrère ci-dessus, le Dr Chevalot : alerte, les gynécologues et les obstétriciens vont disparaitre. Cette dynamique là est, comme d'autres "en marche".

    J'oubliais de dire que la réaction de la Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale, dans l'article ci-dessus, fait probablement référence à un livre paru il y a quelques jours : "Le livre noir de la gynécologie" de la journaliste Mélanie Déchalotte.

    Ce n'est pas la peine de l'acheter et d'enrichir cette journaliste, vous en trouverez une critique, si l'on peut dire, dans le Journal du dimanche de dimanche dernier (j'espère que le lien va marcher, sinon recopiez-le dans votre champ d'adresse) :
    http://www.lejdd.fr/societe/sante/le-grand-tabou-des-violences-gynecologiques-3452672

    Dr Étienne Herbinet

  • Trop c'est trop

    Le 15 octobre 2017

    Une fois de plus, la presse fait du tord aux médecins en prenant, comme une généralité, "les trains qui n'arrivent pas l'heure". Pas une semaine, sans attaque dans la presse. Haro sur les médecins "incompétents, cupides, vendus, brutaux, etc..." Trop, c'est trop. Il y a-t-il une seule autre profession ainsi attaquée? En tous cas pas les journalistes qui ne publient jamais les critiques à leur encontre. Que l'Ordre et les syndicats se réveillent !

    Dr Patrice Loeb

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