Même les dieux sont mortels

Los Angeles, le samedi 3 décembre 2022 – Ayant découvert qu’il était porteur d’un gène favorisant la maladie d’Alzheimer, l’acteur australien Chris Hemsworth souhaite désormais sensibiliser au dépistage génétique.

Depuis plus de 10 ans qu’il interprète au cinéma le dieu nordique et super-héros Thor dans la série de films à succès des studios Marvel, l’acteur australien Chris Hemsworth avait peut-être fini par se croire immortel. Jeune, grand, athlétique, riche et célèbre, le playboy d’Hollywood semblait avoir la vie devant lui. Un simple test l’a finalement ramené à sa condition de simple mortel.

Ces derniers mois, le héros de films de super-héros s’était concentré sur le tournage d’une série documentaire appelé « Limitless » (Sans limites en français) créé par la revue National Geographic. Dans ce feuilleton, auquel participent des médecins et scientifiques qualifiés de « plus grands spécialistes de la longévité au monde », l’acteur se proposait de repousser les limites du corps humain et de passer une série de tests médicaux afin de « découvrir comment chacun d’entre nous peut percer les secrets d’une vie plus longue, en bonne santé ». Baignade dans une eau glacée, trekking en solitaire dans le désert australien, traversée d’un immeuble en feu… : Chris Hemsworth a mis son organisme à rude épreuve.

Un certain manque d’imagination


Mais c’est finalement un simple test sanguin réalisé au cours du cinquième épisode qui sera l’épreuve la plus difficile pour l’acteur. Les médecins lui révèlent en effet qu’il est porteur de deux allèles E4 du gène de l’apoliprotéine E, comme 2 à 3 % de la population mondiale. Par conséquent, son risque de développer une maladie d’Alzheimer est 8 à 10 fois plus élevé que pour la population générale.

Un véritable choc pour le géant australien qui se retrouve confronté à sa propre mort. « J’évite toujours de parler de la mort comme si j’allais réussir à en réchapper d’une manière ou d’une autre, j’ai le sentiment qu’on trouvera une solution, mais tout d’un coup j’ai été rattrapé par la réalité de la situation, par ma propre létalité » commente-t-il dans une interview au journal Vanity Fair.

On pourra noter, avec un certain cynisme (dont on se gardera bien) que la star manquait quelque peu d’imagination pour prendre conscience de sa condition humaine à 39 ans passé. Ce d’autant plus que son grand-père souffre lui-même de la maladie d’Alzheimer. « Je ne crois pas qu’il se souvienne de grand-chose et il se met parfois à parler en hollandais, sa langue maternelle » explique l’acteur a propos de son aïeul.

Des tests communs aux Etats-Unis…mais interdits en France


Alors que les médecins lui avaient d’abord proposé de garder l’information confidentielle, l’acteur a tenu à ce que l’annonce des résultats de son dépistage génétique soit filmé et intégré au documentaire, afin d’inciter les téléspectateurs à se faire tester. Aux Etats-Unis, tout à chacun peut réaliser un test génétique, pour 100 dollars environ, afin de mieux connaitre ses origines ou ses prédispositions génétiques. Des tests génomiques « récréatifs » très populaires outre-Atlantique mais interdits chez nous car en France, les tests génétiques ne sont autorisés que sur prescription médicale ou décision de justice.

La série documentaire de National Geographic a finalement pris un tournant inattendu, puisque dans le sixième et dernier épisode, Chris Hemsworth visite un service de soins palliatifs et échange avec médecins et patients. L’épisode qui aura le plus marqué l’acteur de son propre aveu. Désormais bien conscient de sa mortalité, la star des films Marvel a dit vouloir mettre sa carrière en pause, pour passer plus de temps avec sa famille, ce qu’il peut se permettre puisqu’il est l’un des acteurs les mieux payés au monde.

Nicolas Barbet

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