Fermée de manière provisoire à partir de novembre 2025 pour une période de six mois en raison d’un nombre insuffisant de médecins séniors pour encadrer les étudiants et internes, le terrain de stage pour les internes aux urgences du CHU de Caen est en passe de rouvrir dès le mois de mai prochain. C’est en tous les cas ce qu’affirme l’Agence régionale de santé (ARS) de Normandie, dans un communiqué daté du 13 mars dernier : « À la suite de la décision de suspendre temporairement l’accueil d’internes aux urgences du CHU de Caen, au mois de novembre 2025, un plan d’action approfondi a été mis en place par les équipes du CHU en lien avec l’ARS Normandie, basé notamment sur une meilleure maîtrise des flux de passage, un projet pédagogique retravaillé, et un renfort médical régional et national permettant d’assurer la complétude des plannings. À l’issue de la commission d’évaluation des besoins, tenue le 11 mars dernier à l’UFR Santé de l'Université de Caen Normandie, au regard des éléments présentés et des avis formulés par les participants en séance, il apparaît que les conditions sont désormais réunies pour rouvrir le stage aux urgences du CHU de Caen pour les internes des trois spécialités concernées », explique l’ARS Normandie.
Prudence de l’Isni
Contacté par Medscape, Arthur Poncin, président de l’Intersyndicale nationale des internes (Isni) a assuré être « en contact avec les institutions depuis le début, et le dialogue a toujours été très cordial » ajoutant : « Notre dernière réunion avec l’ensemble des parties prenantes — l’ARS, le CHU, la faculté et les internes — s’est tenue fin février. À cette occasion, le CHU nous a présenté un plan ambitieux pour la formation et le stage aux urgences, ainsi que pour le retour des internes dans ce service ».
Ce plan, très complet et prometteur sur le papier, est cependant limité par le manque de médecins encadrants dans ce stage. Il reste difficile d’en recruter rapidement, si bien que les embauches envisagées sont prévues à moyen ou long terme, vers la fin 2026 voire 2027. « Nous restons donc attentifs à l’évolution de la situation », tempère-t-il. Rappelons que l’agrément de ce terrain de stage avait été suspendu du fait d’un manque patent de médecins seniors à même d’encadrer les internes. « Les autorités ont choisi d'annoncer dans les médias la réouverture de l'agrément. Du côté de l'Insi et des internes locaux, nous restons néanmoins prudents et avons encore des interrogations concernant la possibilité d'offrir une formation complète et sécurisée aux internes », ajoute encore Arthur Poncin.
Réduction de la capacité d’accueil ?
Aussi, pour compenser le manque de médecins maîtres de stage, il est fort possible que la capacité d’accueil des internes soit réduite, tout en privilégiant une nouvelle organisation, précise le président de l’Isni : « L’objectif est d’assurer la présence constante d’un médecin aux urgences, qui sont divisées en différents secteurs selon le degré d’urgence. Dans chaque filière, un interne ou un docteur junior doit être encadré par un médecin ayant les compétences nécessaires à l'encadrement, car tous les médecins ne disposent pas de cette capacité. »
Finalisation du plan d’accueil
L’ARS Normandie précise d’ailleurs que le plan d’accueil des internes n’est pas finalisé : « Afin de garantir le bon déroulement des stages, les travaux se poursuivront dans les jours à venir avec le CHU, les encadrants hospitalo-universitaires, les internes et leurs représentants, pour affiner le nombre de postes ouverts dans chaque spécialité, ainsi que certaines modalités pratiques liées au déroulement du stage. Sous réserve des conclusions de ces travaux complémentaires, les internes volontaires seront affectés aux urgences du CHU dès mai prochain. Ils rejoindront par ailleurs les 7 praticiens PADHUE ayant intégré le service depuis janvier. »
Pour l’Isni, la décision finale revient néanmoins aux internes en urgence, médecine générale et gériatrie. « Si nous décidons d’affecter des internes à partir du 4 mai prochain, que ce soit en effectif habituel ou réduit, notre principale exigence — reconnue par les institutions — est une réévaluation rapide au cours du mois de mai afin d’analyser le déroulement concret. Cela permettra, si nécessaire, la mise en place de mesures conservatoires telles qu’une nouvelle suspension du stage ou une réorientation rapide des internes, afin de limiter au maximum l’impact sur leur formation », indique le syndicat.
Cet article a été initialement publié sur Medscape Edition Française qui comme le JIM fait partie du Réseau professionnel Medscape


