« SchizAwards » : changer le regard de la pop culture sur la santé mentale

Paris, le jeudi 14 mars 2024 – L’association PositiveMinders souhaite changer le regard de la société et des productions artistiques sur la schizophrénie, dont les patients souffrent malheureusement de nombreux préjugés.

« La schizophrénie est la maladie de tous les préjugés », affirme l’association PositiveMinders, qui organise chaque année les journées de la schizophrénie — elles se tiendront du 16 au 23 mars cette année. 

L’organisation tiendra d’ailleurs demain une cérémonie de remise des prix mi-parodique, mi-sérieuse, les SchizAwards, qui récompensera notamment le film où la maladie mentale est particulièrement mal représentée. Une façon de dénoncer le traitement des troubles mentaux par la pop culture, source de nombreux préjugés.

Les préjugés ont la peau dure et n’aident ni les malades ni leurs proches

660 000 personnes sont atteintes de schizophrénie en France. Si les causes de ce trouble ne sont pas encore intégralement comprises, les symptômes sont assez variables et évoluent en fonction des patients. Une errance diagnostique est possible dans certains cas, notamment chez les plus jeunes.

L’association estime en tout état de cause que les malades sont souvent victimes d’un « incroyable retard dans leur prise en charge et d’une exclusion sociale qui provoque une véritable perte de chance d’une évolution favorable ». Selon l’organisation, la principale raison à cela est la persistance des idées fausses sur la maladie, avec ses « préjugés discriminants » qui touchent aussi l’entourage des malades. « Dans l’inconscient collectif, les malades restent associés à la dangerosité, au dédoublement de personnalité et à la violence. Des notions éloignées de la situation réelle de la très grande majorité des patients ».

Le diagnostic de schizophrénie est donc d’autant plus difficile à vivre pour les malades et pour les proches. « Contrairement à d’autres maladies psy, [la schizophrénie] ne génère pas d’empathie à l’égard des malades », regrette PositiveMinders.

Rétablir la confiance et l’autonomie des malades

Les journées de la schizophrénie seront donc l’occasion à la fois de faire changer le regard sur la maladie, mais aussi de faire évoluer les manières de la traiter. L’association plaide ainsi principalement pour une « approche partenariale » afin de rétablir la qualité de vie des patients. 

Elle soutient ainsi que les déclarations anticipées aident les patients à définir leurs souhaits préventivement à une hospitalisation. La pair-aidance pourrait aussi être une bonne piste selon l’organisation, en impliquant davantage les patients rétablis.

De même, PositiveMinders souhaiterait que les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) soient plus répandues pour les malades de schizophrénie. Selon elle, les TCC permettraient de réduire un certain nombre de symptômes résistants et de renforcer l’autonomie des patients.

Une remise de prix entre recherche, maladie et pop culture

Enfin, l’association organisera donc demain les « SchizAwards ». « Entre fascination morbide et ressort scénaristique inépuisable, les troubles psy inspirent les auteurs de films et de séries. Toutefois, ces représentations sont souvent très éloignées de la réalité. Elles véhiculent des clichés et entretiennent des stigmates aux nombreuses conséquences pour les patients et leurs entourages et pour les professionnels de la santé mentale », soutient PositiveMinders.

C’est pourquoi elle organise cette cérémonie d’un genre un peu particulier, présentée par l’humoriste Morgane Cadignan. Elle sera accompagnée d’un jury composé de six experts — psychiatres, personnes atteintes de schizophrénie, proches, réalisateurs et acteurs. Trois prix seront décernés : le prix du film qui donne la meilleure représentation d’une personne vivant avec une schizophrénie, le prix du film qui s’est le plus trompé sur le sujet et le prix du film où « tout le monde pensait que le personnage était schizophrène alors qu’en fait pas du tout ». 

Pour rappel, l’OMS classe la schizophrénie dans le groupe des dix maladies entraînant le plus d’invalidités, et 10 000 personnes sont diagnostiquées chaque année en France. Pourtant, 30 % des personnes atteintes de ce trouble ne sont pas suivies.

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