Obésité et cancer sont associés, en particulier l’obésité abdominale. Une vaste étude à partir des données de la UK Biobank montre qu’une activité physique régulière et un périmètre abdominal contrôlé sont associés au risque de cancer le plus faible sur le long terme.
Il est bien établi que l’obésité, définie par l’Organisation mondiale pour la santé (OMS) comme « une accumulation excessive de graisse qui présente un risque pour la santé », expose à moult pathologies, comme le diabète de type 2, les maladies cardiovasculaires et certains cancers, dont ceux du sein, du côlon, du rectum, de l’endomètre, etc.
Par ailleurs, et indépendamment de l’indice de masse corporel (IMC), un tour de taille élevé (périmètre abdominale supérieur à 102 cm chez l’homme et à 88 cm chez la femme) traduisant un excès de masse grasse abdominale, est lui aussi associé à différentes maladies, y compris certains cancers.
Ce qui constitue un sujet majeur de santé publique lorsqu’on sait qu’environ 40 % de la population mondiale souffrirait de ce type d’obésité abdominale (1).
L’impact de l’activité physique (AP) sur l’obésité a été largement étudié. Néanmoins, en matière de cancer, les résultats sont contrastés. Certaines études épidémiologiques montrent que la pratique régulière d’une AP d’intensité modérée à vigoureuse peut réduire le risque de cancer lié à un IMC élevé, alors que d’autres n’observent pas cet effet.
Toutefois, ces différents travaux portent sur l’obésité définie par l’IMC. Or, le tour de taille pourrait être un indicateur plus pertinent, parce qu’il serait plus finement associé aux mécanismes liés au cancer, comme la résistance à l’insuline (2).
Pour l’heure, on ignore encore si les personnes atteintes d’obésité abdominale (OA) et physiquement actives diminuent leur risque de cancer. Une équipe plurinationale, pilotée par des chercheurs allemands (université de Ratisbonne, Bavière), a tenté de répondre à cette question (3).
Plus de 300 000 participants, suivis pendant 11 ans
Ils ont analysé les données de santé de la UK Biobank, une cohorte prospective bien connue qui rassemble plus d’un demi-million de participants britanniques, âgés de 40 à 69 ans et recrutés entre 2006 et 2010. Au total, ils ont inclus 315 457 sujets éligibles, dont 48 % de femmes, âgés en moyenne de 56 ans.
Quatre groupes ont été constitués selon les seuils recommandés par l’OMS concernant le périmètre abdominal et les niveaux d’activité physique auto-déclarés : G1 : absence d’OA + AP > 10 METS-heures/semaine (47 % de l’effectif) ; G2 : absence d’OA + AP insuffisante (25 %) ; G3 : OA + AP suffisante (15 %) ; G4 : OA + AP insuffisante (13 %).
Durant les 10,9 années du suivi, 29 710 personnes ont connu un diagnostic de cancer. Par rapport au groupe G1, le risque de développer un cancer était plus élevé en présence d’une OA (hazard ratio : 1,11 [IC 95 % 1,09-1,14]) ou en cas d’AP insuffisante (HR : 1,05 [1,02-1,07]). Le risque de cancer était le plus élevé dans le groupe G4 (HR : 1,15 [1,11-1,19]). Les auteurs estiment que 2 % des cancers étaient liés à une OA associée à une AP insuffisante.
Ils concluent que le respect des recommandations de l’OMS à propos de l’activité physique et du tour de taille, et pas uniquement l’une ou l’autre, fait partie intégrante de la prévention du cancer.



