Minneapolis – Selon une étude américaine, une activité sexuelle régulière permet de réduire la mortalité, notamment chez les sujets dépressifs.
En février dernier, une étude qui avait fait grand bruit avait révélé que les Français faisaient de moins en moins l’amour, notamment les 18-24 ans. Seulement 42 % des hommes et 31 % des femmes avaient au moins cinq rapports sexuels par mois, contre 56 % des hommes et 50 % des femmes en 1970. Une nouvelle étude pourrait peut-être les inciter à se montrer un peu plus vigoureux : selon les chercheurs de l’université de Minneapolis aux Etats-Unis, une activité sexuelle régulière est corrélée à une baisse de la mortalité.
Les chercheurs se sont appuyés sur les résultats de l’enquête nationale sur la santé et la nutrition (NHANES) destiné à mesurer la santé mentale et physique des adultes américains. Environ 15 000 Américains âgés de 20 à 59 ans ont ainsi pu être inclus dans l’étude, avec des données sur leur genre, leur âge, leur « race » (déclarée), leurs états de santé (obésité, maladies chroniques…) et donc leur activité sexuelle.
Les personnes incluses dans l’étude ont été divisées en deux groupes, ceux ayant au moins une relation sexuelle par semaine et ceux ayant moins d’une relation par semaine. Il s’agit en effet, selon d’autres études, de la fréquence moyenne d’activité sexuelle des adultes américains et de la fréquence à partir de laquelle des bienfais sur la santé peuvent être observés.
Double peine pour les dépressifs
Les auteurs ont observé qu’une activité sexuelle faible (inférieure à une relation par semaine) était bien liée à une mortalité plus élevée, avec une augmentation de 70 % de la mortalité chez les personnes avec une activité sexuelle faible. Cependant, cette corrélation devenait moindre, avec une augmentation de la mortalité de seulement 46 %, lorsqu’étaient pris en compte différents facteurs comme l’âge ou certaines comorbidités comme l’obésité.
En effet, les personnes âgées et malades ont évidemment tendance à avoir moins de relations sexuelles. Les auteurs de l’étude estiment qu’une corrélation statistiquement significative entre une faible activité sexuelle et une hausse de la mortalité ne peut réellement être établie que pour les femmes.
En revanche, la corrélation entre le manque de sexe et la mortalité était très forte chez les sujets dépressifs. Même en prenant en compte les différents autres facteurs démographiques et médicaux, les personnes souffrant de dépression et ayant une faible activité sexuelle présentent un risque de mortalité supérieure de 197 % par rapport aux personnes « seulement » dépressives.
L’étude insiste sur le fait que les sujets dépressifs subissent une sorte de double peine : non seulement ils ont moins de rapports sexuels que les autres (6,6 % de ceux qui font l’amour moins d’une fois par semaine sont dépressifs contre 5,2 % de ceux qui le font au moins une fois par semaine), notamment parce que les médicaments antidépresseurs peuvent affecter la libido, mais ils en subissent plus lourdement les conséquences sur leur risque de décès.
Les mystères de l’amour et de la mort
Ce n’est pas la première fois que des chercheurs s’intéressent aux liens entre santé sexuelle et l’état de santé général, même s’il s’agit de l’étude la plus approfondie sur la corrélation entre activité sexuelle et mortalité menée jusqu’à présent.
Comme le rappellent les membres de l’université de Minneapolis, de précédentes études ont pu montrer l’impact positif d’une activité sexuelle fréquente sur la santé mentale, démontrant notamment que les personnes faisant régulièrement l’amour ont ressenti moins d’anxiété et de troubles dépressifs durant la pandémie de Covid-19. D’autres études ont également montré l’impact positif d’une vie sexuelle active sur la santé cardiovasculaire.
Mais comme le rappellent les chercheurs américains, il est parfois difficile de distinguer l’œuf et la poule dans ces études et une corrélation n’est pas une explication causale. Faire l’amour est-il bon pour la santé ou est-ce que ce sont les personnes en bonne santé qui font le plus l’amour ?





