Ado diabétique : ce qui favorise l’hypoglycémie post-effort

L’activité physique est un élément important de l’autogestion du diabète de type 1, tout particulièrement chez l’adolescent. De manière générale, les recommandations concernant ses modalités en termes d’intensité et de durée ne diffèrent guère de celles destinées aux non diabétiques. Une soixantaine de minutes d’activité physique modérée ou vigoureuse chaque jour, c’est le message qui doit mettre en exergue la nécessité d’une pratique régulière, encore plus indispensable en cas de diabète de type 1, alors que le risque cardiovasculaire est de ce fait d’emblée augmenté.

La crainte de l’hypoglycémie qui peut émaner de l’adolescent ou de ses parents ne doit pas constituer un obstacle. Il importe d’optimiser le contrôle glycémique en tenant compte du risque d’hypoglycémie que fait courir l’exercice physique, un risque de fait majoré dans les 12 à 24 heures qui suivent ce dernier. 

T1DEXIP : une étude de cohorte menée dans le monde réel 

A cet égard, quels sont ses facteurs prédictifs éventuels dans le monde réel ? C’est à cette question que répond l’étude prospective dite T1DEXIP (Type 1 Diabetes Exercise Initiative Pediatric) dans laquelle ont été inclus 251 adolescents (âge moyen 14 ± 2 ans ; filles : 42 % ; HbA1c= 7,1 ± 1,3 %.

Tous les participants ont fourni des informations sur leurs activités physiques, leur prise alimentaire et leur traitement, en l’occurrence le nombre quotidien d’injections sous-cutanées d’insuline. La glycémie a été le dosée le plus souvent possible ou en continu en cas d’administration de l’insuline par pompe. Au total, en l’espace de dix jours, 3 319 épisodes d’activité physique programmée ont été rapportés et analysés. 

Dans les suites de ces épisodes, la glycémie moyenne s’est avérée plus basse en cas de diabète plus récent, mais aussi de niveaux plus faibles d’HbA1c. En revanche, les modalités d’administration de l’insuline (pompe versus injections) n’ont pas eu d’influence significative sur la glycémie moyenne post-exercice. 

La durée de l’exercice pourrait doubler le risque d’hypoglycémie nocturne

Au cours de l’effort, les valeurs les plus basses de la glycémie ont été associées à des baisses plus significatives de cette dernière en post-effort, immédiatement après celui-ci (p< 0,001), mais aussi 12 à 16 heures plus tard (p= 0,02). Au cours des nuits succédant à l’exercice, la fréquence des accès hypoglycémiques a été estimée à 14 %, versus 12 % au cours des périodes de sédentarité.

Une durée totale moyenne de l’activité physique ≥60 min/jour a été associée à une fréquence plus élevée des accès hypoglycémiques nocturnes, soit 17 % versus 8 % dans le cas d’activité physique < 60 min/jour (p = 0,01). D’autres facteurs ont influé sur le risque de ces hypoglycémies : diabète plus ancien, basses valeurs de l’HbA1ctraitement par pompe conventionnelle et temps passé au-dessous des valeurs cibles de la glycémie ≥4 % au cours des 24 heures précédant l’exercice. 

Cette étude de cohorte menée dans le monde réel permet de cerner les facteurs prédictifs du risque d’hypoglycémie post-effort chez plus de 250 adolescents atteints d’un diabète de type 1 avéré. La durée de l’activité physique régulière au jour le jour semble être le facteur qui favorise le plus les accès hypoglycémiques dans la nuit qui suit, tout au moins quand elle dépasse en moyenne 60 minutes/jour. D’autres facteurs méritent d’être pris en compte, qu’il s’agisse de l’ancienneté du diabète, des valeurs de l’HbA1c, du contrôle glycémique ou encore du mode d’administration de l’insuline. 

Références

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