L’artérite à cellules géantes (ACG) est une maladie chronique qui expose à diverses comorbidités sans pour autant aboutir à une surmortalité significative par rapport à la population générale. Il n’en reste pas moins intéressant de connaître les causes directes des décès notamment dans le monde réel (ou la vraie vie…) et d’estimer la part des comorbidités dans leur déterminisme.
La mortalité est d’abord cardiovasculaire
C’est là tout l’intérêt d’une étude de cohorte rétrospective française dans laquelle ont été inclus 470 patients atteints d’une ACG confirmée, ceci entre janvier 2000 et décembre 2019. Sur les 120 décès dénombrés au cours de cette période, 101 ont pu être parfaitement documentés à partir des dossiers médicaux. Leur cause principale était représentée par les évènements cardiovasculaires majeurs qui ont tué plus de quatre patients sur dix (41,4 %). Les infections (22,22 %) et les situations critiques propres à la gériatrie (par exemple, les chutes, les fractures ou les détériorations cognitives etc.) (17,17 %) viennent en deuxième et troisième position, devant les cancers (15 %).
Une comparaison entre ces quatre groupes et l’ensemble de la cohorte a révélé une association entre certains traits et les causes du décès. Ainsi, en cas d’origine cardiovasculaire, les patients étaient plus souvent des hommes (46 versus 27 %; p = 0,04) et dans leurs antécédents, figurait bien souvent une maladie coronarienne (29 vs 8 %; p = 0,006). Les décès liés à une pathologie infectieuse ont, pour leur part, été associés à un facteur iatrogène, plus particulièrement une corticothérapie 82 vs 53 % ; p = 0,02) administrée à des doses cumulées élevées (13 994 vs 9 150 mg ; p = 0,03). Les décès « gériatriques » ont été également associés à la corticothérapie (76 vs 33 % ; p = 0,001), mais aussi à l’ostéoporose (56 vs 17 % ; p = 0,0009).
Contribution iatrogène
Cette étude de cohorte rétrospective donne une idée précise des causes de décès chez les patients atteints d’une ACG et suivis dans le monde réel. Les comorbidités et l’âge conjuguent leurs effets à ceux des traitements notamment de la corticothérapie pour conduire lentement à l’issue fatale, les infections intercurrentes constituant un marqueur pronostique à ne pas négliger.
