Association entre sédentarité et santé mentale chez les jeunes, une vaste enquête internationale

Selon l’OMS, la sédentarité représente les moments de faible dépense d’énergie en période de veille, (par exemple en restant assis). Elle représente un facteur de risque pour la santé des adolescents. 

Ainsi, l’Agence nationale de sécurité de l’alimentation, de l’environnement et du travail a montré qu’en France, les deux tiers des 11-17 ans avaient un niveau élevé de sédentarité, pouvant se traduire par une obésité, des troubles du comportement alimentaire, un sommeil fragilisé ou, une dégradation de la qualité de vie (ANSES, 2020). De plus, une sédentarité installée à l’adolescence risque de persister à l’âge adulte, faisant le lit de bien des maladies chroniques. 

Peut-être plus préoccupants, des travaux récents l’ont associée à une altération de la santé mentale. Or, un jeune sur sept âgé de 10 à 19 ans dans le monde serait atteint d’un trouble de la santé mentale (OMS, 2024). Toutefois, on dispose de peu d’informations concernant ceux qui résident dans un pays en voie de développement, alors qu’ils représentent près de 90 % de ce groupe d’âge.

Des chercheurs de Sydney (Australie) ont voulu approfondir le sujet, avec les données de la Global School-based Health Survey. Il s’agit d’une enquête scolaire par auto-questionnaire validé portant sur les comportements de santé des 13-17 ans, conçue par l’OMS en association avec l’UNICEF, les US Centers for Disease Control and Prevention, etc.

Les questions portent, notamment, sur la sédentarité (temps passé devant la télévision, à jouer à des jeux vidéo, etc.) et sur la santé mentale (sentiment de solitude, troubles du sommeil lié à de l’anxiété, idées suicidaires, etc.).

Les auteurs ont inclus 297 354 adolescents, dont 53,9 % de filles, d’âge moyen 14,7 ans, et issus de 68 pays et 5 régions de l’OMS (Afrique, Amériques — ici du Sud —, Méditerranée orientale, Asie du Sud-Est, Pacifique occidental). 

Ils ont observé que 37,2 % des jeunes restaient assis plus de 3 heures par jour, surtout les filles (38,5 % versus 35,8 %), sauf en Asie du Sud-Est. Par ailleurs, 19,0 % présentaient une détresse psychologique, définie par au moins 3 troubles de la santé mentale, en particulier les filles (21,9 % versus 15,7 %). Enfin, les comportements sédentaires étaient largement associés à cette détresse (OR 1,34, intervalle de confiance à 95 % 1,32- 1,37). La plus forte association était avec le sentiment de solitude, la plus faible avec la tentative de suicide, et elle augmentait avec le nombre d’heures de sédentarité (p < 0,001).

En prévention des troubles de la santé mentale, grande cause nationale 2025, il est donc important de réduire la durée de la sédentarité des adolescents. 

Références

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