Le diabète de type 1 (DT1) est une maladie auto-immune dont l’incidence augmente à l’échelle mondiale depuis plusieurs décennies pour des raisons non éclaircies. Des facteurs environnementaux, des viroses, l’obésité, une carence en vitamine D ont été incriminés. Cependant, les incidences varient d’un pays à l’autre avec des périodes d’augmentation, de stabilisation voire de baisse. Dans l’ensemble l’élévation est plus marquée dans les contrées à incidence basse et à expansion économique récente. A l’inverse, des pays à incidence élevée comme la Finlande et la Suède ont vu le nombre de cas marquer un plateau, baisser puis de nouveau augmenter. De surcroît, des variations saisonnières ont été enregistrées, influencées par la température et les virus.
Des pédiatres et épidémiologistes de Dublin ont recensé les cas de diabètes notifiés dans le registre national des diabètes pédiatriques pour la période 2019 à 2021. Les sources étaient les 19 centres qui enregistraient les nouveaux patients de façon prospective. Les critères d’inclusion étaient un diagnostic de DT1 établi par un médecin chez des enfants de moins de 15 ans, résidant en Irlande ; les critères d’exclusion étaient les diabètes de type 2 et monogéniques. La date du diagnostic était celle de la première injection d’insuline.
Davantage de cas et à un âge plus précoce
Sur la période de 3 ans, 1 027 enfants (dont 542 garçons) ont été notifiés. Pour 28 (2,7 %), le dossier était incomplet par absence de renseignements après la sortie mais les données de base ont pu être prises en compte. La vérification des cas a été assurée par méthode capture/recapture et les données de l’assurance maladie. L’âge moyen au diagnostic a baissé significativement pendant la période d’étude passant de 9,4 ans en 2019 à 9,2 en 2020 puis 8,7 en 2021 (p=0,028). Le taux d’enfants âgés de 0 à 4 ans et de 5 à 9 ans a augmenté de 15 % à 19 % et de 34 % à 40 %, respectivement, tandis que celui des 10-14 ans baissait de 51 % à 40 %. Le ratio garçons/filles de 1 est resté stable.
Le taux d’incidence standardisé a augmenté globalement de 21 % ; il était de 31,1/100 000/an en 2019, de 32,2/105 en 2020 et de 37,6/105 en 2021 sans différence selon le sexe. Une différence a été observée selon la saison du diagnostic (p<0,001) : la majorité des cas a été observée en automne et hiver en 2019 (58 %) et en 2020 (60 %), alors qu’en 2021 cette incidence a baissé (48 %) tandis qu’elle atteignait 30 % au printemps.
En conclusion, l’incidence du DT1 a augmenté en Irlande avant l’épidémie de Covid-19 et le diagnostic a été porté à un âge plus jeune pour la première fois. Le schéma saisonnier s’est modifié également. Ces constations pourraient refléter une augmentation de la sévérité du diabète.
