L’été 2025 a été marqué par une surmortalité notable dans de nombreuses villes européennes en lien avec différents épisodes de chaleur extrême. Si l’effet des températures élevées sur la mortalité est bien connu, le réchauffement climatique aggrave sans surprise ce phénomène. Une analyse rapide menée par la London School of Hygiene & Tropical Medicine (LSHTM) et l’Imperial College London révèle ainsi que près de 70 % des décès liés à la chaleur cet été auraient pu être évités en l'absence de changement climatique d'origine humaine.
Une hausse de température de +2,2°C en moyenne, aux conséquences fatales
L’étude s’est appuyée sur des données issues de 854 villes représentant 30 % de la population européenne. Selon les modèles utilisés, l'élévation des températures estivales, en moyenne de +2,2 °C (avec des pics à +3,6 °C), a significativement augmenté la mortalité, en particulier chez les personnes âgées. Les plus de 65 ans représentent 85 % des décès estimés.
Parmi les pays les plus touchés, l’Italie arrive en tête avec 4 597 décès directement attribuables au réchauffement climatique. Elle est suivie par l’Espagne, qui enregistre 2 841 morts, l’Allemagne (1 477 décès), la France (1 444), et le Royaume-Uni (1 147). Ces chiffres traduisent une surmortalité significative à l’échelle européenne.
Si l’on se concentre sur les capitales, Rome, Athènes et Paris arrivent en tête, avec plusieurs centaines de morts excédentaires.
Les auteurs signalent par ailleurs un épisode de chaleur extrême survenu en juillet qui a particulièrement touché la Roumanie, la Bulgarie, la Grèce et Chypre, entraînant près de 1 000 décès en une seule semaine. Ce type de phénomène, de plus en plus fréquent, souligne la nécessité d’une anticipation spécifique dans les régions déjà exposées à des vulnérabilités structurelles (accès aux soins, précarité énergétique, vieillissement).
Adapter les systèmes de santé ne suffira pas sans action climatique
Les auteurs constatent qu’en dépit de la mise en place de plans canicule et de systèmes d’alerte dans de nombreux pays européens, le fardeau sanitaire des vagues de chaleur reste élevé et ce d’autant plus que l’on suspecte une sous-estimation chronique des décès liés à la chaleur, souvent masqués par des pathologies cardiovasculaires ou respiratoires non attribuées directement aux températures extrêmes.
Aussi, formulent-ils différentes recommandations qui sont dans la lignée de celles habituellement présentées : adaptation des rythmes de travail et des calendriers scolaires, développement d’îlots de fraîcheur urbains, tels que les espaces verts et bleus et rénovation thermique des logements (ce qui peut inclure la climatisation). En ville, notamment, le phénomène d’îlot de chaleur urbain caractérisé par des températures significativement plus élevées qu’en milieu rural, accroît le risque pour les habitants, en particulier les plus précaires. Les auteurs insistent donc sur l’importance de politiques urbaines intégrant l’adaptation climatique, combinée à une meilleure prise en charge médicale des patients vulnérables en période de canicule. Enfin, le renforcement des infrastructures de santé publique est jugé essentiel pour faire face aux défis sanitaires croissants liés au réchauffement climatique.
Cependant, la réduction drastique des émissions de gaz à effet de serre reste la seule voie pérenne pour limiter les impacts sanitaires du réchauffement climatique.


