Le syndrome prémenstruel, affecterait, pendant la phase lutéale, entre 20 % et 30 % des femmes en âge de procréer, et 5 à 8 % des femmes présenteraient une symptomatologie sévère. Ce syndrome partage certains points communs avec la dépression du post partum : tous deux peuvent se manifester par des symptômes dépressifs et leur survenue coïncide avec des fluctuations hormonales naturelles.
C’est la raison pour laquelle l’hypothèse d’une étiologie commune et de facteurs de risque communs a été avancée.
Cette hypothèse est soutenue par 2 revues systématiques récentes qui montrent que la dépression post-natale serait plus fréquente chez les femmes ayant des antécédents de syndrome prémenstruel et inversement. Ces revues reposent toutefois sur des études rétrospectives, ce qui peut être source de biais importants.
Une étude prospective
Pour approfondir cette association bidirectionnelle entre le syndrome prémenstruel et la dépression post-natale, une équipe suédoise a réalisé une étude prospective cas-témoins imbriquée à partir du registre suédois des naissances dans lequel plus de 1 million de femmes sont enregistrées.
Les données confirment ce lien bidirectionnel, qui est constaté pour la dépression prénatale et post-natale, mais plus fort pour cette dernière.
Plus précisément, le syndrome prémenstruel est associé à un risque 5 fois plus élevé de dépression post-natale. Ainsi, parmi les femmes ayant un syndrome prémenstruel avant la grossesse, 2,6 % ont présenté une dépression du post-partum, alors que celle-ci est présente chez 0,6 % des femmes n’ayant pas de syndrome prémenstruel (OR 4,76 ; 95 % CI 4,52 à 5,01).
Au cours du suivi moyen de 7 ans, les femmes présentant une dépression post-natale ont ensuite 2 fois plus de risque de syndrome prémenstruel (HR 1,98 ; 1,87 à 2,09), en comparaison avec celles qui n’ont pas présenté de dépression.
L’association bidirectionnelle est présente à la fois pour la dépression prénatale et la dépression post-natale, qu’il y ait ou non des antécédents psychiatriques, et persiste lors de la comparaison entre sœurs.
Les praticiens doivent donc être vigilants concernant le risque de développer une dépression du post-partum, pour les femmes ayant des antécédents de syndrome prémenstruel. Rappelons que la dépression du post-partum est responsable, parmi d’autres conséquences, de suicides maternels et de troubles de l’attachement. D’autre part les femmes souffrant de dépression du post-partum doivent être informées du risque de syndrome prémenstruel au moment du rétablissement de leur cycle.


