Une étude sur plus de 51 000 diabétiques américains révèle que concentrer au moins 150 minutes d'exercice sur le week-end réduit autant la mortalité qu'une pratique régulière. Bonne nouvelle pour les emplois du temps chargés.
L’activité physique (AP) constitue un moyen accessible et peu coûteux de diminuer la mortalité toutes causes confondues, comme celle liée aux maladies cardiovasculaires et aux cancers. Dans le diabète de type 2, les exercices d’endurance ou de renforcement musculaire contribuent à diminuer la résistance à l’insuline et à diminuer l’hémoglobine glyquée (HbA1c). La forme cardiovasculaire est améliorée et le risque de complications micro- et macrovasculaires diminue.
Il est recommandé dans cette population de pratiquer au moins 150 min d’activité physique modérée à vigoureuse (APMV) par semaine, réparties au minimum sur 3 jours et complétées par au moins 2 séances de renforcement musculaire. Cette fréquence s'explique par la durée limitée des effets bénéfiques à court terme de l'AP : 24 à 48 heures en moyenne. Cependant, adopter une routine d'AP régulière reste difficile, notamment en raison des contraintes de temps. Ceci explique en partie pourquoi seule la moitié des adultes diabétiques atteignent ces recommandations. Certains tentent de concentrer leur activité sur une période plus courte : le week-end. Ces « week-end warriors » adoptent un mode de pratique dont l'efficacité a été démontrée en population générale.
Pour évaluer cette approche chez les personnes diabétiques, une équipe de l'hôpital Chaoyang de Pékin a analysé les données de la National Health Interview Survey. Cette étude prospective a suivi 56 918 adultes américains atteints d’un diabète diagnostiqué en 1997 et 2018, dont 51 650 ont pu être inclus dans l’analyse (âge moyen 59,8 ans, femmes 50,1 %).
L’AP auto-déclarée a permis de distinguer quatre groupes : les inactifs (n = 26 501), les insuffisamment actifs, dont l’APMV était inférieure à 150 min/semaine (n = 9 722), les week-end warriors, pratiquant au moins 150 min en 1 à 2 séances (n = 1 435) et les régulièrement actifs, qui suivaient les recommandations (n = 13 992). Les week-end warriors effectuaient une médiane de 240 min/semaine d’APMV contre 420 minutes pour les régulièrement actifs.
Une diminution de 33 % de la mortalité cardiovasculaire pour les week-end warriors
Au cours d’un suivi médian de 9,5 ans, 16 345 décès sont survenus, dont 5 620 d’origine cardiovasculaire et 2 883 par cancer. Comparé aux inactifs, le rapport de risque ajusté de mortalité toutes causes confondues était : 0,90 pour les insuffisamment actifs, 0,79 pour les week-end warriors et 0,83 pour les régulièrement actifs. La réduction concernait principalement la mortalité cardiovasculaire, avec des rapports de risque de 0,98, 0,67 et 0,81 respectivement. En termes de survie à 20 ans, les insuffisamment actifs avaient un gain absolu de 4,4 mois, 9,4 mois pour les week-end warriors et 7,9 mois pour régulièrement actifs.
Bien qu’il soit difficile d’affirmer un lien de causalité dans une étude observationnelle, ce résultat suggère que la quantité hebdomadaire d’APMV prime sa répartition, ce qui est encourageant pour les personnes ayant des contraintes temporelles.



