En 2019, environ 2,41 milliards de personnes dans le monde nécessitaient des soins de rééducation et de réadaptation, soit une augmentation de 63 % par rapport à 1990, principalement en raison de la croissance démographique et du vieillissement de la population. Les douleurs et l’incapacité fonctionnelle associées aux pathologies musculosquelettiques, constituent la principale indication.
En 2020, la gonarthrose représentait 62 % des 595 millions de personnes atteintes d'arthrose dans le monde. L'exercice, l'activité physique et l'éducation sont les composantes essentielles de la prise en charge de l'arthrose du genou. En cas d'inefficacité, une intervention chirurgicale peut être envisagée.
La télé-rééducation peut permettre d’améliorer l'accès aux soins tout en réduisant le fardeau du patient en termes de temps et de coûts liés aux déplacements. Néanmoins, à ce jour, de nombreux patients et cliniciens ne sont pas convaincus de l’efficacité de la télé-rééducation.
Rééducation sur place versus télé-réadaptation : 400 patients randomisés
L’ essai PEAK est un essai contrôlé randomisé de non-infériorité comparant la télé-rééducation par un kinésithérapeute à la kinésithérapie sur place pour une douleur du genou compatible avec de l’arthrose
Entre décembre 2019 et juin 2022, 394 adultes ont été inclus et 15 kinésithérapeutes de soins primaires ont été recrutés. À l'aide de blocs générés par ordinateur, les participants souffrant de douleurs chroniques au genou compatibles avec l'arthrose ont été assignés aléatoirement (1:1, stratifiés par kinésithérapeute et clinique) à des consultations de physiothérapie en personne (n = 204) ou en téléréadaptation par vidéo-conférence avec un kinésithérapeute (n = 190).
Dans les deux groupes cinq consultations sur une période de 3 mois ont eu lieu, comprenant du renforcement musculaire, des conseils en activité physique et de l'éducation. Les consultations initiales étaient programmées pour durer 45 minutes, et les consultations de suivi 30 minutes. Les participants ont été encouragés à continuer les exercices de musculation et la pratique de l’activité physique après les 3 mois de l’étude.
Les principaux critères d'évaluation étaient la gonalgie (sur une échelle numérique de 0 à 10) et la fonction physique (selon l'indice d'arthrose des universités Western Ontario et McMaster de 0 à 68) trois mois après l’inclusion.
La télé-rééducation n’est pas inférieure
À 3 mois, 383 (97 %) participants ont fourni des informations concernant les critères de jugement principaux. Les participants des deux groupes avaient une amélioration de la douleur (différence moyenne 2,98 [écart-type 2,23] pour la kinésithérapie sur place et 3,14 [1,87] pour la télé-rééducation) et de la fonction (10,20 [11,63] et 10,75 [9,62], respectivement).
A 3 mois, la kinésithérapie via la télé-rééducation n'était pas inférieure à la kinésithérapie sur place pour l’amélioration de la douleur (différence moyenne 0,16 [IC 95% -0,26 à 0,57]) et de la fonction (1,65 [-0,23 à 3,53]). La proportion de participants signalant des événements indésirables était similaire entre les groupes : 40 (21 %) pour la kinésithérapie sur place et 35 (19 %) pour la télé-rééducation, et aucun n'était grave.
La pandémie de Covid-19 a affecté la fréquentation et 26 participants (13 %) qui avaient commencé les consultations n’ont pu assister à aucune une consultation ultérieure. En utilisant une définition de l'observance du traitement (fréquentation de trois ou plus consultations), 172 (84 %) des participants aux consultations en personne et 182 (96 %) des participants à la télé-rééducation étaient considérés comme adhérents.
Il faut noter que cette étude s’applique à une population relativement jeune, en moyenne 61 ans, bien éduquée, en majorité en emploi, et dont les symptômes chroniques évoluaient depuis 7 ans en moyenne. Environ 60 % des participants avaient déjà reçu des soins de rééducation par un kinésithérapeute auparavant.
En incluant les frais de déplacement la télé-rééducation a permis des économies de coûts (environ 515 $).


