Après l’accouchement, bouger est essentiel ! Des experts de la périnatalité ont émis des recommandations reposant sur des données probantes : 2 heures d’activité physique adaptée associées aux exercices périnéaux et à une bonne hygiène du sommeil améliorent le bien-être et la récupération.
Les semaines et les mois qui suivent l’accouchement sont une période de changements physiologiques et psychologiques pour les femmes. L’activité physique (AP) en post-partum favorise la réappropriation de son corps par la femme, qui contribue au renforcement de la ceinture musculaire abdominale et à la perte de poids.
Elle améliore la qualité du sommeil, diminue l’anxiété et les symptômes dépressifs, tout en limitant les douleurs lombaires. Associée à des exercices périnéaux, elle pourrait également réduire le risque d’incontinence urinaire. Elle prévient certaines maladies métaboliques ou cardiovasculaires, y compris le risque de survenue d’un diabète de type II après un diabète gestationnel.
Enfin, elle améliore la qualité de la relation mère-enfant. Comme elle n’a aucun effet négatif sur l’allaitement, l’AP gagnerait à être conseillée à chaque femme après son accouchement.
Or, si on dispose de recommandations dans ce domaine, celles-ci sont sujettes à critiques. La principale est qu’elles reposeraient surtout sur les croyances des médecins et très peu sur des faits avérés. Et de brandir l’exemple de femmes qui s’en étaient soustraites, comme cette participante à un marathon, 4 semaines après son accouchement (1).
Sous l’égide de Margie Davenport, grande spécialiste de l’AP en périnatalité, un groupe d’experts a conduit une conférence de consensus sur l’AP, le comportement sédentaire et le sommeil pendant la première année post-partum (2). C’est une première mondiale, conforme aux directives AGREE II et GRADE pour l’évaluation des études scientifiques.
Des recommandations d’experts pour la première année post-partum
Les chercheurs ont tout d’abord sollicité des usagers (41 femmes en post-partum et 63 professionnels) pour identifier ce qui, selon eux, était le plus important pour la santé durant cette période. Parallèlement, les bases de données habituelles ont fourni 19 043 articles, dont 574, avec 7 revues systématiques avec méta-analyses, ont été inclus dans leurs travaux.
Le groupe recommande que les femmes en post-partum soient actives et, en cas de contre-indications, qu’elles puissent recevoir des conseils adaptés pour le rester ou le devenir. En outre :
- Elles devraient s’engager dans des activités physiques d’intensité modérée à vigoureuse variées (APMV) pendant au moins 120 minutes par semaine, réparties sur 4 jours ou plus.
- La mobilisation précoce devrait débuter par une AP d’intensité légère et progresser vers l’APMV une fois que les incisions chirurgicales ou les déchirures périnéales sont suffisamment cicatrisées et que les saignements vaginaux n’augmentent pas avec l’APMV.
- Un entraînement quotidien des muscles du périnée est encouragé.
- La sédentarité devrait être limitée à moins de 8 heures par jour et moins de 3 heures passées devant un écran.
- Les femmes devraient adopter une routine d’hygiène du sommeil saine.
Les auteurs soulignent que de futures recherches devront affiner la nature et les modalités de pratique des AP à proposer, ainsi qu’identifier objectivement les protocoles individuels de reprise et de progression de l’AP les plus pertinents.


