Interrogé ce mardi soir sur la question, Emmanuel Macron a de nouveau affiché son soutien à la proposition de loi sur la fin de vie débattue actuellement à l’Assemblée et n’a pas exclu un appel au peuple si nécessaire.
L’examen de la proposition de la loi sur la fin de vie à l’Assemblée Nationale va-t-il connaitre un nouveau coup de théâtre signé Macron ? Le 9 juin dernier, le Président de la République avait pris tout le monde de court en prononçant la dissolution de l’Assemblée, réduisant ainsi à néant notamment plus d’un mois de débat parlementaire sur le projet de loi sur la fin de vie.
Près d’un an plus tard et alors que le texte est de nouveau examiné depuis ce lundi en séance publique à l’Assemblée Nationale (sous la forme de deux propositions de loi, l’une sur l’aide à mourir, l’autre sur les soins palliatifs), le chef de l’Etat s’est de nouveau immiscé dans le débat parlementaire en évoquant la possibilité d’avoir recours au référendum sur cette question.
La question de la fin de vie a en effet été évoqué au cours du grand entretien télévisuel auquel s’est prêté Emmanuel Macron ce mardi soir. Le chef de l’Etat a été interrogé sur cette question éminemment douloureuse par l’ancien journaliste sportif Charles Biétry, atteint de la maladie de Charcot et qui est devenu depuis, malheureusement pour lui, militant pour le droit à l’aide à mourir.
Emmanuel Macron rappelle son soutien à la légalisation de l’aide à mourir
Cette séquence émouvante a été l’occasion pour le Président de la République de rappeler sa volonté de légaliser le suicide assisté, mesure qui figurait dans son programme présidentiel de 2022. S’il a pu parler de « moindre mal » la semaine dernière à propos de la proposition de loi examiné par le Parlement, son soutien au texte a cette fois été plus explicite.
« Je souhaite que le texte qui est engagé aujourd'hui soit voté » a-t-il affirmé clairement, « je suis pour qu’on puisse aider à partir dans la dignité, c’est une loi d’humanité et de fraternité ».
« On a un texte d’équilibre qui, à côté des soins palliatifs, dit au fond, que quand il existe une souffrance réfractaire aux traitements, quand il n’y a plus d’espoir, avec des règles, des encadrements, si le corps médical est d’accord, qu’on puisse aider à partir dans la dignité » a-t-il poursuivi, défendant également la nécessité de « renforcer les soins palliatifs partout ».
Il le sait, depuis la dissolution qui l’a privé de majorité parlementaire, Emmanuel Macron n’a plus la main sur les débats parlementaires. Mais il lui reste l’arme du référendum. Mardi soir, le chef de l’Etat a ainsi évoqué la possibilité de faire appel au peuple sur cette question de la fin de vie si le Parlement ne parvenait pas à avancer sur la question.
« Le texte a commencé son chemin au Parlement : si, à l’issue de la première lecture, il y avait un enlisement, une impossibilité d’aller au bout, le référendum serait une voie pour débloquer » a indiqué le chef de l’Etat. Il a cependant précisé que l’option du référendum ne serait prise qu’en dernier recours et a dit espérer « un cheminement respectueux et équilibré » du texte au Parlement.
Les Français massivement favorables à la légalisation de l’aide à mourir
Selon les sondages, l’immense majorité des Français (92 % selon un sondage IFOP de mai 2024) soutiennent la légalisation de l’aide à mourir et l’issue d’un référendum sur la question ne ferait donc a priori guère de doute. Notons qu’aucun référendum n’a été organisé en France depuis 2005 et que les Français n’ont jamais été interrogés sur des questions de société.
Les rumeurs de référendum ont quelque peu perturbé les débats sur l’aide à mourir et les soins palliatifs ce mardi à l’Assemblée Nationale. Alors que certains députés s’émouvaient de comprendre que le chef de l’Etat entendait, une nouvelle fois, interrompre leurs travaux sur la question, la ministre de la Santé Catherine Vautrin a tenu à les rassurer. « Ce qui a été dit, c’est que le président de la République souhaite que le Parlement puisse travailler sur ce texte, il n’a évoqué le référendum que si le texte était enlisé, ce qui n’est évidemment pas le cas » a-t-elle rappelé.
Le vote sur les deux propositions de loi, sur l’aide à mourir et sur les soins palliatifs, est prévu pour le 27 mai prochain et l’adoption des deux textes est plus que probable. Les propositions seront ensuite envoyées au Sénat. Plus conservateurs, les sénateurs pourraient être tentés de limiter la portée du texte voté par les députés. C’est là que le fameux « enlisement » évoqué par Emmanuel Macron pourrait se produire.


