Tomber du lit : mieux comprendre les chutes chez les personnes âgées

Une étude révèle que les chutes chez les personnes âgées institutionnalisées surviennent surtout au lever, sur terrain plat et en allant aux toilettes. Les blessures touchent souvent la tête et les jambes, avec un risque accru de fractures. Des données clés pour la prévention.

Le vieillissement de la population mondiale est indéniable. Les blessures liées aux chutes affectent jusqu'à 40 % des personnes âgées de plus de 75 ans et 50 % de celles de plus de 80 ans. Environ 15 % des chutes entraînent des luxations, des contusions et des traumatismes musculaires, et plus d’une chute sur dix est à l’origine de fractures, augmentant significativement la morbidité et la mortalité.

Par conséquent, des interventions préventives contre les fractures osseuses, comme la supplémentation en vitamine D, sont essentielles. Cette étude observationnelle rétrospective chinoise s'intéresse aux caractéristiques des chutes chez les personnes âgées institutionnalisées, un problème majeur de santé publique dont la prévalence augmente avec l'âge.

304 personnes âgées ayant subi au moins une chute

Les critères d'inclusion étaient les personnes institutionnalisées âgées de ≥ 60 ans présentant au moins un incident de chute non intentionnelle, entre 2020 et 2023. Les critères d'exclusion étaient : des antécédents médicaux ou des pathologies potentiellement associées à un risque accru de chutes (démence, fractures, etc.), les troubles psychiatriques.

Au total, 304 personnes ont été incluses (don 61,5 % de femmes). Parmi elles, 89 étaient âgées de 60 à 74 ans (29,3 %), tandis que le groupe d'âge le plus âgé (≥ 75 ans) était composé de 215 personnes (70,7 %).

Les résultats révèlent plusieurs points clés. Tout d’abord, concernant la temporalité des chutes, et contrairement à certaines études antérieures montrant une prédominance diurne, cette recherche identifie la période de 4h à 8h du matin comme particulièrement à risque. Les femmes sont plus touchées que les hommes entre minuit et 4h du matin, possiblement en raison d'une plus grande dépendance aux soins.

La majorité des chutes survient dans des endroits liés aux actions de s'asseoir ou se lever (bord du lit, toilettes, salle de traitement), suivis par les zones à sol plat. Fait notable, les escaliers et surfaces glissantes ne représentent qu'une faible proportion des incidents (respectivement 0,3 % et 1,6 %). 

Les chutes se produisent principalement lorsque les patients sont en position debout (39 %), ou assise (21 %) et lors de l’entrée ou de la sortie du lit (32 %). Ces moments de transition sont associés à un risque particulier. Par ailleurs, la peur de la chute semblait être l'un des principaux facteurs de risque indépendants de chute chez les personnes âgées.

Les blessures les plus fréquentes liées aux chutes se sont produites à la tête et aux membres inférieurs, tandis que les types de blessures post-chute les plus fréquents étaient les fractures osseuses et les contusions.

L'étude souligne l'importance des facteurs tant intrinsèques (état physique, psychologique, pathologies) qu'extrinsèques (éclairage insuffisant, présence d'obstacles, surfaces glissantes, absence de rampes) dans la survenue des chutes.

Les mécanismes intrinsèques ou inconnus sont plus fréquemment détectés chez les personnes âgées de 75 ans et plus, y compris l'hypotension orthostatique ou les troubles articulaires. Ces patients ont tendance à tomber lorsqu'ils se lèvent d'une position couchée ou assise et qu'ils lèvent la tête ou tournent le corps avant la chute. 

Des interventions ciblées personnalisées

Les auteurs recommandent la mise en place d'interventions multifactorielles ciblées, particulièrement pendant les horaires à risque, et soulignent l'importance d'une approche préventive globale incluant l'activité physique, bien que les résultats concernant ce dernier point soient parfois contradictoires dans les études.

Les chutes chez les personnes âgées entraînant des répercussions physiques, psychologiques et sociales, affectent leur qualité de vie globale, leur prévention est essentielle. Un mode de vie actif, incluant des exercices de résistance, d'équilibre et de renforcement des membres inférieurs, peut aider à les réduire.

Cependant, certaines études montrent des résultats contradictoires, suggérant que l'activité physique accrue peut aussi augmenter l'exposition aux risques environnementaux. En tirant parti de ces résultats, des interventions ciblées sur les périodes, lieux et activités à haut risque peuvent être intégrées dans les stratégies de prévention des chutes dirigées par les infirmières.

Références

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